L’Économie au ras des pâquerettes


Équilibre à long terme des subventions gouvernementales, 2e partie
mai 19, 2009, 4:29
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Dans un précédent texte, je mentionnais le combat du Québec pour convaincre Bombardier d’y investir, à coup de subventions gouvernementales.

Il semble que la guerre économique se porte sur plusieurs fronts, les journaux parlant maintenant de l’industrie des  biotechnologies :

L’industrie ontarienne des biotechnologies emploie plus de 43 000 personnes, alors que les entreprises québécoises du secteur comptaient, en 2007, 40 500 travailleurs. Il faut dire qu’au cours des dernières années, l’Ontario s’est largement inspiré des mesures incitatives mises en place par le Québec.

Les Affaires

Le premier ministre Charest admet que la tiédeur des investisseurs québécois n’a pas aidé. Talonné par l’industrie, il compte sur un nouveau fonds de 700 millions de dollars annoncé dans le dernier budget, la nouvelle cuvée du régime épargne-actions (REA) et des crédits d’impôt remboursables plus rapidement: « Il faut s’ajuster constamment, d’année en année, il faut revoir nos stratégies pour les mettre à jour ».

Vingt compagnies pharmaceutiques ont leur siège social au Québec. Près de 10 000 personnes travaillent dans cette industrie, où les emplois sont très payants.

biotechnologies-laboratoire

Radio-Canada

Avec l’Ontario qui met en place les mêmes mesures incitatives, le Québec doit augmenter son offre et du coup,  le bénéfice attendu sur la subvention accordée diminue.

Quant à l’argument du journaliste selon lequel les emplois sont très payants, il faut faire attention. S’ils sont subventionnés, c’est l’ironie de la population avec des emplois moins payants qui défraient ces salaires supérieurs.

Mise à jour : c’est maintenant au tour de l’industrie du multimédia d’entrer dans la valse de la surenchère des subventions et découlant, de la décroissance de son bénéfice…

Le gouvernement du Québec affirme qu’il suit avec attention une nouvelle initiative fiscale du gouvernement de l’Ontario qui inquiète beaucoup l’industrie du multimédia québécois. L’Ontario vient en effet d’augmenter les avantages accordés à sa propre industrie, ce qui lui a permis d’attirer, il y a quelques jours, la multinationale française Ubisoft à Toronto.

Source : Radio-Canada



Autre fleuron en danger
mai 4, 2009, 4:37
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Une chose qui me frappe avec la crise de l’industrie automobile américaine, c’est la demande de réduire les coûts d’assurance-maladie de leurs employés.

La firme est censée éviter la liquidation et devenir compétitive, grâce à deux accords importants déjà conclus : l’un avec l’United Auto Workers (UAW), syndicat de ses 26 800 ouvriers américains qui garantit des baisses de coûts. Il s’agit notamment d’une réduction des coûts d’assurance-maladie des ouvriers et 115 000 retraités de Chrysler. (source Figaro).

Il est déjà connu que le système de santé américain (privé et qui devrait donc être plus efficace) est un des plus chers par habitant.  L’industrie automobile mentionne souvent comment ces coûts représentent un poids pour ses finances.

Déjà, une partie de la population n’a pas les moyens d’obtenir des soins de santé. Mais que va-t-il arriver si ce sont les compagnies qui n’ont plus les moyens (ou ne veulent plus payer) pour les soins de santé de leurs employés? Pour l’instant, ce phénomène semble se limiter à l’industrie automobile, mais toutes les entreprises américaines sont (en théorie) moins concurrentielles du fait de ce sur-coût.

Si d’autres industries commencent également à s’esquiver des régimes d’assurances-maladie, la proportion de la population qui n’a pas accès aux soins de santé ira grandissante. Il y aura une pression politique énorme pour faire diminuer les coûts et permettre au plus grand nombre d’obtenir des soins. Cette baisse peut être appliqué au secteur hospitalier (salaire du personnel médical, des infrastructures, etc.).Toutefois, geler le salaire des médecins est toujours un acte délicat.

Les médicaments représentent l’autre facteur important de cette hausse des coûts. Déjà que les joueurs majeurs de l’industrie pharmaceutique ont toutes les difficultés à produire de nouveaux médicaments, selon un schéma commercial block-buster que certains remettent en question. Pour eux, un contrôle des prix représenterait un coup très grave. Espérons qu’ils s’y préparent déjà. Sinon, on pourrait voir s’écrouler une autre industrie avec fracas après le mileu financier et l’automobile, ces grands fleurons américains.



Sus à l’homo Economicus
janvier 9, 2009, 9:19
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Encore une fois, les beaux modèles économiques n’ont pas su prévoir la crise. De nombreuses politiques mises de l’avant semblent avoir mené à des conséquences contraires au but recherché.

Sûrement que des voix vont s’élever pour que les modèles économiques actuels soient repensés, purgés d’une idéologie néo-libérale excessive.

C’est une erreur. Les modèles, comme la science en général, sont des outils utilisés à différentes fins. C’est l’idéologie néo-libérale qui s’en est servie comme arguments, pas l’outil qui est trempé de cette pensée de droite.

Néanmoins, par anticipation,  voici une suggestion qui ferait plaisir à ces voix demandant du changement ; puisqu’elle ébranlerait jusqu’aux fondations de l’économie. J’ajoute donc ma voix à ceux qui proposent de déboulonner l’homo œconomicus, et les prémisses s’y rattachant, de son socle. œuf

Par contre, ma propre suggestion, c’est de le remplacer par un être théorique construit sur le modèle de la pyramide de Maslow, soit l’échelle des besoins de l’individus.

pyramide_maslow

Depuis quelques années déjà, l’idée d’introduire un peu de psychologie dans l’économie fait son chemin. Le prix Nobel d’économie de 2002 a été remis à deux chercheurs, dont un qui est psychologue et économiste,  pour des travaux sur l’économie psychologique et expérimentale. Mais, il est peu probable qu’on assiste à une approche top-down, où les découvertes dans les derniers développements de l’économie modifie sa base.

Exemple de la théorie de l’homo maslowien

Prenons par exemple le concept d’avantage comparatif de David Ricardo, qui justifie le commerce international et la spécialisation du travail (et des industries). Ainsi, si la population d’un pays peut produire plus d’un bien (vin) qu’un autre (toile) avec le même nombre de travailleurs, Ricardo suggère que ce pays se concentre sur ce bien (vin) et qu’il échange avec un autre pays qui peut produire comparativement plus de l’autre bien (toile).

Qu’en serait-il avec une théorie basée sur l’homo maslowien?

Le premier niveau serait rempli puisque les individus et les pays auraient plus de biens pour se nourrir et se vêtir.

Par rapport au second niveau, la sécurité, les individus et les pays sont plus dépendants de leur partenaires commerciaux. Mentionnons à ce sujet les pays importateurs de gaz de Russie qui passe par l’Ukraine ces temps-ci. Ils se sentent probablement moins en sécurité. Même chose pour les pays importateurs de céréales et autres denrées alimentaires durant la crise du prix des aliments en 2008. Des questions de sécurité nationale!

Mais après la sécurité, quand est-il de l’estime des autres et de soi vis-à-vis de la spécialisation du travail où chacun ne fait plus qu’une partie de plus en plus petite de la conception et de la production des biens et services?

La théorie de l’avantage comparatif, fondement des arguments invoqués pour le libre-échange, aurait possiblement moins la côte. Possiblement que ce ne serait pas le cas non plus…

Mais même si je n’ai aucune idée de ce que ça pourrait donner, rien n’empêche d’essayer! Et il faut savoir qu’un économiste, ça ne coûte pas cher : il suffit de lui fournir un crayon et du papier et voilà! Qu’on mette quelques bonnes têtes sur ce projet qui en vaut sûrement un autre!



Paradoxe de l’enseignement en économie
décembre 10, 2008, 3:31
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Il y a un aspect de l’enseignement de l’économie qui m’a toujours laissé perplexe. Un texte de Krugman discutant du paradoxe de l’épargne me le rappelle :

Such paradoxes are still fun to contemplate; they still appear in some freshman textbooks. Nonetheless, few economists take them seriously these days. (De tels paradoxes sont toujours amusants à considérer; ils apparaissent encore dans certains livres pour les étudiants de première année. Par contre, peu d’économistes les prennent au sérieux de nos jours).

Comment se fait-il qu’on enseigne des concepts et des idées à ceux qui débutent pour ensuite leur en démontrer la fausseté?

Un professeur m’avait mentionné la complexité de la science économique, et donc l’obligation de simplifier les concepts pour être compréhensibles des nouveaux venus, quitte à tronquer un peu sur la réalité des affirmations.

Pour ce qui est de la complexité, on pourrait rétorquer avec, de ce que j’en ai compris, le principe de rasoir d’Occam où un système plus simple vaut mieux qu’un même système plus complexe pour expliquer des phénomènes. Il en va ainsi de la complexité du système géocentrique (le monde tournant autour de la Terre) de Ptolémée par rapport à l’héliocentrisme (la Terre tournant autour du Soleil); et qui démontrait moins sa sophistication qu’une prémisse de départ fausse.

A sa défense, d’autres sciences utilisent aussi, en partie, cette approche. C’est notamment le cas de la physique, où est enseignée la discipline classique (physique classique) qui explique de nombreux phénomènes, mais dont les physiciens connaissent les limitations que corrigent la discipline de la physique quantique.

Mais je crois que les physiciens quantiques prennent au sérieux la physique classique…

Un autre exemple pourrait être tiré du sport, qui permettrait possiblement de mieux éclairer cette  méthode d’enseignement qui m’apparaît contre-intuitive.

C’est le cas du ski. Au débutant, on enseigne la méthode du chasse-neige, qui consiste à skier en faisant une pointe de tarte. Par la suite, on lui enseigne plutôt à mettre ses skis en parallèle, ce qui permet une plus grande flexibilité et de skier dans des pentes plus accidentées.

Comme le ski demande une bonne dose d’équilibre, il faut pouvoir développer la capacité de garder une bonne stabilité tout en changeant de direction et de poids d’un pied à l’autre. Pour développer ces réflexes, il vaut mieux commencer avec un exercice facile et qui permet de contrôler ses mouvements, plutôt que d’apprendre en dévalant la pente à toute vitesse.

Lorsque l’équilibre sur les skis est acquis, il devient plus commode d’apprendre une manière plus difficile techniquement et qui se différencie en de nombreux points de la méthode de départ, en gardant les éléments essentiels (transfert de poids, changement de direction, dérapage).

ski_débutant

De la même manière, je me souviens de professeurs qui aimaient à dire que les cours d’économie étaient une sorte de gymnastique mentale, permettant de mouler son esprit pour pouvoir appréhender les questions sous l’angle et avec les outils de la science économique. Ce que j’aime utiliser dans ce blogue. Mais je fais possiblement des erreurs de logique, n’ayant pas poursuivi mes études dans les cycles du doctorat où les vrais concepts sont enfin révélés aux initiés…

En outre, je réalise que ces enseignements boiteux, qui seront corrigés plus tard, se donnent également à de nombreuses autres disciplines, et qui croient apprendre la base de l’économie. Mais avec une base faussée, ça fait beaucoup de travail de correction à faire par la suite…



Petite récession entre amis
novembre 25, 2008, 8:17
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Une chronique-blogue de Radio-Canada reprend une réflexion de l’analyste Jean-François Vinet, d’Option Consommateurs (une association sans but lucratif pour la promotion, la défense et le respect des intérêts et des droits des consommateur; organisme dont j’ai un grand respect) :

selon M. Vinet, quelque chose de pernicieux est véhiculé par les grands acteurs de l’économie lorsqu’ils suggèrent aux consommateurs, en période de ralentissement, d’ouvrir grand les vannes de la consommation pour relancer l’économie.

Ce que M. Vinet suggère et qu’essaie d’éviter les grands acteurs de l’économie qu’il dénonce, c’est le paradoxe de l’épargne de Keynes, expliqué ici dans un article du Temps :

En période de récession, la hausse de l’épargne bénéficie aux particuliers mais nuit globalement à l’économie, engendrant un cercle vicieux que seule une désépargne publique peut enrayer.

Comme les gens économisent plutôt que de dépenser, la demande pour les biens et les services diminue encore plus, entraînant une baisse supplémentaire d’emplois et de revenus, et par la suite de l’épargne totale de la population.

petits-meurtres-entre-amis

Je me souviens d’un exemple de récession enseigné en économie. Il s’agit d’un groupe new-yorkais qui ne trouvaient pas de gardiennes d’enfants et qui s’étaient créés un petit système de gardiennage entre amis.

Ils avaient tous au départ un certain nombre de bons de gardiennage. Pour en acquérir, ils devaient garder les enfants de leurs amis. S’ils voulaient sortir, ils devaient utiliser leurs bons ou ceux acquis en gardant les autres enfants.

A un moment inimportant, un ou quelques couples commencèrent à s’inquiéter de leur bas niveau de bons de gardiennage. Ils décidèrent donc de rester chez eux et de garder les autres enfants. D’autres emboîtèrent le pas jusqu’à ce que la crainte se soit propagée à tout le groupe. Chacun s’offrait à garder les autres enfants mais aucun n’osait sortir, conservant précieusement ses bons en cas de situation exceptionnelle.

Le transfert de bons s’arrêta net. Le groupe avait ainsi réussi à s’immortaliser dans l’histoire de l’enseignement de l’économie en créant une récession facile et amusante à expliquer.

L’exemple s’applique aux ménages mais pourrait aussi se substituer au comportement des banques qui craignent de manquer de liquidités et qui prêtent parcimonieusement, engendrant du même coup la crise économique actuelle.

Une autre question est de savoir si ces grands acteurs de l’économie, voulant éviter ce paradoxe, l’ont plutôt retardé. Car si les politiques de bas taux d’intérêt pour relancer l’économie et des mesures fiscales généreuses ont favorisé une consommation des ménages et la croissance économique, ce fut au détriment de l’épargne, jusqu’à la rendre négative dans plusieurs cas, provoquant certainement une baisse globale de l’épargne!



Wal-Mart et la crise économique
novembre 21, 2008, 5:16
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J’ai lu quelques articles, dont un du New York Times (repris par IHT), indiquant que Wal-Mart va bien se tirer d’affaire tout au long de la crise financière qui secoue la planète.

Cela tient à un principe que tous les étudiantins d’économie connaissent ou devraient connaître : le concept de bien inférieur.

Un bien inférieur est habituellement défini comme un bien dont la consommation baisse lorsque le revenu augmente.

On peut déduire que la définition a été pensée à une époque où la croissance économique était la norme. Actuellement, la définition serait plutôt: un bien inférieur est un bien dont la consommation augmente lorsque le revenu diminue.

Et des biens inférieurs, il y en a à profusion chez Wal-Mart avec ses prix imbattables…

Quant à moi, je reviens à la question du temps déjà abordé dans un texte précédent. C’est que j’ai eu, pour des raisons professionnelles, la chance de me pencher sur l’histoire des casse-tête (puzzle). J’ai ainsi appris que les casse-tête ont été très populaires durant la Grande Dépression. Ils ne coûtaient pas cher mais surtout, ils occupaient pendant des heures, pouvaient se partager et amenaient une certaine satisfaction d’accomplissement, si petit soit-il; ce qui devait être réconfortant dans ces temps difficiles.

great-depression

C’est que pour une personne au chômage, la question de choix rationnel sur le temps disponible change considérablement. Elle n’a plus le choix entre le travail ou les loisirs. En fait, même le choix des loisirs est limité avec la baisse de ses revenus. Mais comme on ne peut pas plus supprimer du temps qu’on ne peut en créer, il faut que la personne trouve un moyen d’occuper ce surplus de temps.

Elle peut passer ce temps “libéré” à chercher un emploi, ce qui est un travail en lui-même. Pour le reste, elle occupera son temps avec des loisirs peu coûteux. Il y a ceux, gratuits, qui n’intéressent guère les économistes (marcher, cueillir des champignons, jouer aux cartes, jardiner…).

Sinon, dans l’optique d’étirer au maximum l’utilité de son achat, l’agent rationnel ou l’agente rationnelle regardera autant le critère de prix que celui du temps alloué. Il est possible qu’entre un film qui dure 90 minutes et un casse-tête qui occupe pendant des heures, le second soit choisi.

Et le chômeur le trouvera probablement moins cher au Wal-Mart où il se sera rendu en bicyclette ou à pied…



Paris sera le centre du monde en 2015
novembre 21, 2008, 5:07
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Voici comment :

les études montrent que le centre du monde se déplacera des Etats-Unis vers la Chine, qui sera en 2025 la première économie mondiale.

Pour le calcul, le centre a été mis subjectivement à New-York et il se déplace vers l’Est (bien que ce serait plus court vers l’Ouest).

Selon l’hypothèse retenue, Il arrivera à Beijing en 2025.

De manière encore plus subjective, 2008 est l’année choisie du début de ce transfert de centre du monde, notamment du fait de la crise financière et parce qu’on peut imaginer une inertie du centre du monde à se promener partout et tout le temps (d’ailleurs, les Etats-Unis auront été au moins un demi-siècle le centre du monde).

ptolemee

Ce centre se déplacerait donc aux environs de 900 km/année, telle une plaque tectonique économique. A ce rythme, il atteindrait la hauteur de la France après un peu moins de 7 ans…



Impact – blogue
octobre 14, 2008, 8:28
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Je suis content de voir que mon ancien blogue “professionnel” est de retour. A ce propos, je remarque l’impact d’un blogue, surtout utilisant des plateformes populaires comme WordPress.com

Ainsi, celui qui inscrit bioéthanol cellulosique dans google va voir apparaître ce texte de ce blogue en 4e position. Une opinion qui ressort pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce sujet.

A ce propos, je fais un test pour voir si les sites de référencement sont utiles. Ce site est donc maintenant listé dans la catégorie
Services aux entreprises
:

Veille et intelligence économique
de l’annuaire Referencement et Dictionnaire



Bioéthanol cellulosique: la prochaine erreur?
septembre 30, 2008, 8:33
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Un débat sur le bilan énergétique du bioéthanol (éthanol à partir de grains) a fait rage au début des années 2000. Car pour produire cet éthanol, une grande quantité d’énergie et de ressources (eau, engrais, pesticides) sont requises pour semer, récolter et transformer les céréales en éthanol. Les opposants y voyaient une façon déguisée de subventionner les activités agricoles, portées par le puissant lobby américain.

Puis récemment, l’éthanol a été mis en cause du fait qu’il augmenterait la demande pour les céréales et constituerait un des facteurs ayant engendré la crise du prix des aliments.

S’il y a bien eu subvention déguisée ayant comme effet de faire augmenter le prix des céréales, il est amusant de noter que l’action politique a pu avoir un effet multiplicateur sur le prix de vente des agriculteurs qui a fonctionné au-delà des espérances du gouvernement (mais on ne saura probablement jamais si les revenus des agriculteurs ont quant à eux augmenté avec la hausse conjointe du prix des matières premières).

Mais déjà, l’industrie propose une technologie qui répond à ces deux critiques : l’éthanol cellulosique. Il s’agit d’utiliser la cellulose, qui constitue principalement les fibres végétales, notamment le bois. C’est également le cas  des tiges des plants de céréales. En théorie, on utilise l’épi pour l’alimentation et la tige pour faire de l’énergie. Solution parfaite en apparence.

Mais je vois déjà deux failles, une écologique et une économique

Impact zéro sur l’environnement?

Dans la foresterie, les résidus de bois maintiennent l’humidité du sol et lui redonnent un peu de nutriments. Utiliser ces “rebuts” entrainerait une érosion et un appauvrissement du sol. A ce propos, un commentaire fort pertinent de Jean-Philippe Michel, chercheur au centre d’étude de la forêt de l’UQAM :

À première vue, on pourrait y voir une occasion pour récolter les branches et le feuillage des arbres qui sont présentement laissées sur les parterres de coupes. Ces « résidus forestier », qui représentent de 20 à 40% de la biomasse totale des arbres, pourraient être ainsi valorisés avec ces nouvelles méthodes de production de biocarburants.

L’ennui c’est que les « résidus » forestiers ne sont pas des déchets et du gaspillage du point de vue de la forêt. Ces branches et ces feuilles qui recouvrent le sol des zones de coupes ont une utilité capitale au sein de l’écosystème forestier. La décomposition des branches et des feuilles remet en circulation leurs éléments nutritifs dans le sol et crée ainsi un environnement favorable à la régénération. Étant donné le contenu élevé de nutriments contenus dans les branches et le feuillage, la récolte entier d’un arbre peut doubler, voir quadrupler l’exportation de nutriments hors de l’écosystème. Cette exportation, en altérant les cycles biochimiques et en entrainant une diminution des réservoirs nutritifs des sols, peut affecter négativement la croissance des prochaines cohortes d’arbres. La fertilité des sols et la productivité à long terme sont donc susceptibles de se détériorer lorsque les résidus forestiers sont récoltés.

De plus, le bois mort sous forme de chicots et de résidus aux sols, joue un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité forestière. Plus de 25% des espèces de la forêt boréale en sont directement dépendantes du bois mort comme habitat ou source de nourriture. Ainsi, la récolte des branches et du feuillage des arbres pour produire de l’énergie pourrait avoir un impact énorme sur la biodiversité des forêts.

Impact économique bénéfique à tous?

La question qui se pose est l’usage actuel de ces débris végétaux. Dans le cas de l’agriculture, les tiges peuvent servir ànourrir le bétail. Cette utilisation comme fourrage est d’ailleurs une activité très importante, notamment en France :

Si une technologie industriellement efficace était mise au point, il pourrait y avoir une hausse du prix du fourrage pour le bétail, et donc, une hausse du prix des aliments (bien que ne touchant pas autant les plus pauvres qui ne peuvent habituellement pas s’offrir de viande).

De plus, si le prix de l’énergie venait qu’à atteindre de nouveaux sommets, il n’est pas impensable que l’activité fourragère se convertisse complètement à ce type de production énergétique renouvelable.

Mais au moins, les agriculteurs vont pouvoir augmenter leurs revenus et diminuer leur situation financière souvent très difficile. Pas sûr. Au-delà du coût des intrants énergétiques, il y a une question fondamentale de négociation entre l’industriel et l’agriculteur.

L’industriel désire payer au plus faible coût ses intrants pour produire un biocarburant compétitif face au pétrole. En face de lui, l’agriculteur voudra au contraire vendre au prix le plus élevé ce produit complémentaire pour améliorer sa situation financière. Comment résoudre ce problème?

Ayant déjà posé la question à un partisan de ces unions agro-industriel, on m’avait répondu que les profits de chacun serait en fonction du risque pris. Autrement dit, si les agriculteurs sont prêts à investir massivement et conjointement avec les promoteurs dans une centrale d’éthanol, ils pourront en récolter les fruits. Si le promoteur paie les frais, il va de soi que les revenus lui reviennent.

Mais avec la situation d’agriculteurs surendettés pour acquérir une machinerie pour une production industrielle, ont-ils les moyens de financer des aventures industrielles qui ne sont pas de leur ressort?



Economie et guerre : anthropologie
septembre 25, 2008, 5:19
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J’ai lu qu’il est de bon ton en finance d’emprunter des idées à la littérature militaire. Lire L’Art de la Guerre de Sun Tzu (ou pouvoir le citer) est toujours une bonne idée. Et pour les étudiants actuels, j’ajouterai que le livre a été mis en bandes dessinées.

Dans un autre livre, l’Anthologie mondiale de la stratégie. Des origines au nucléaire, la préface notait que la plus grande guerre était en fait, au départ, entre les culture nomades et les cultures sédentaires. Les Huns ne sont qu’un des derniers exemples de ces conflits qui ont finalement été gagnés par les cultures constructeurs de cité.

Est-ce que la culture nomade a disparu complètement? Et qu’en est-il dans la sphère économique?

Il y a évidemment le capital qui bouge très facilement, et qui peut détruire des sociétés, plus souvent dans un mouvement de recul que d’invasion. C’est le cas de la crise asiatique de 1997. Dans une certaine mesure, c’est également le cas actuellement aux Etats-Unis.

Il y a aussi la mentalité de certains hauts dirigeants actuels. Ceux qui passent d’une multinationale, champion économique d’un pays, à une autre sur un autre continent. Parfois pour réaliser de grandes choses, mais qui entraîne d’autres fois un désarroi ressemblant à celui des guerres.

On pourrait les opposer aux présidents de firmes privées familiales, tel Schaeffler, Porsche, ou Haniel qui reprennent du lustre (et des entreprises cotées à la bourse) en ces temps difficile pour les mercenaires corporatifs. Voici un extrait d’un article du Monde, Les entreprises familiales allemandes partent à l’assaut des groupes cotés, qui n’est malheureusement plus disponible, sauf si vous savez utiliser la fonction cache dans google (l’article repris par Le Temps):

Les entreprises familiales «disposent d’importantes liquidités, notamment parce qu’elles ne doivent pas redistribuer leurs bénéfices à leurs actionnaires, souligne Peter May, professeur à l’Institut de développement du management de Lausanne et fondateur d’une société de conseil pour les entreprises familiales. Elles sont souvent mieux administrées, car elles gèrent leur propre argent et s’attachent à un comportement économe.»

Les prises de risques à répétition d’un Jürgen Schrempp, qui était aux commandes de Mercedes-Benz et DaimlerChrysler (devenu entre-temps Daimler), entre 1995 et 2005, seraient impensables dans une telle structure.

Mais on peut creuser dans la philosophie des entreprises. La mobilité des travailleurs est une qualité (valeur?) favorisée. Au contraire de la valeur de loyauté qui ne peut plus être demandée avec la flexibilité organisationnelle actuelle, qui peut amener des mises à pied massives en fonction de la conjoncture économique. Les travailleurs iront donc là où les conditions sont les meilleures. Surtout s’ils possèdent cette qualité tant recherchée de mobilité!

Est-ce cette mentalité va réussir à créer une nouvelle culture qui pourrait se transformer en une puissance économique ou politique? Ou est-ce que le seul moyen de revoir une opposition forte entre nomades et sédentaire tient dans le retour en force de cultures originellement nomades? Car si Einstein a dit :

Je ne sais pas avec quelles armes sera menée la Troisième Guerre mondiale, mais je sais que la Quatrième le sera avec des bâtons et des pierres.

il est également envisageable qu’elle se fera entre tribus nomades et sédentaires.