Pour un autre article que je devrais bientôt terminer, il a fallu que je retourne dans mes livres d’économique. Plus précisément, je suis retourné à la base avec Introduction à la macroéconomie moderne, 2e éditions, ERPI. Et avec un peu de recul, certaines questions me viennent.
Le livre définit (ou plutôt résume) le raisonnement économique sur cinq principes fondamentaux:
- Tous les problèmes économiques découlent de la rareté. La rareté impose des choix aux gens et les oblige à évaluer le coût d’opportunité des options qui s’offrent à eux.
- Le coût d’opportunité représente la valeur de la meilleure des possibilités auxquelles on renonce (lorsqu’on fait un choix, NDLR).
- On prend les décisions en comparant l’avantage marginal au coût marginal.
- L’augmentation du coût d’opportunité d’un choix est un incitatif à le remplacer par un substitut.
- La concurrence a des répercussions sur la chaîne des substitutions; les effets ultérieurs surpassent les effets immédiats.
Par rapport au point 2, le livre donne l’exemple d’un étudiant qui a le choix entre aller à son cours le lundi matin (imaginons un cours d’économique pour noircir les choses), rater le cours et dormir ou rater le cours et aller courir. Dépendant de ses préférences, le coût d’opportunité sera le choix auquel il a renoncé (dans le cas du dormeur, le coût d’opportunité du cours d’économique est l’heure de sommeil de moins).
Prenons maintenant le point 4. À prime abord, c’est straightforward : quand le coût d’opportunité d’une activité augmente, on remplace cette activité par une autre. Les auteurs donnent en exemple qu’un cours de danse est un substitut à un cours d’économique.
Mais si on reprend la définition donné en 2, on obtient :
L’augmentation du coût d’opportunité est l’augmentation de la valeur de la meilleure possibilité auquelle on renonce.
Pour reprendre l’exemple du dormeur, disons qu’il a travaillé dur pendant la fin de semaine dans un emploi minable de nuit pour payer ses études (ou qu’il a fêté jusqu’aux petites heures du matin, selon vos idéologies favorites). Dans les deux cas, il est très fatigué le lundi matin, ce qui augmente la valeur d’une heure de sommeil, et donc, le coût d’opportunité du cours du lundi matin.
Malgré cette hausse du coût d’opportunité, je ne crois pas qu’il va y aller pour un substitut, par exemple le cours de danse. N’y aura-t-il pas plutôt renversement des choix; et la meilleure possibilité auquelle il renonce sera celle qu’il choisira?
Ou posé autrement : Est que le coût d’opportunité est la valeur du substitut?
Voici un autre exemple : notre même jeune entre dans un dépanneur parce qu’il a soif. Il choisit, cas classique, un Coca-Cola. Il considère que le second meilleur choix serait un jus de pomme. La valeur du jus de pomme est le coût d’opportunité du Coca-Cola.
Au moment de payer, il voit à la une du journal que des études démontrent les effets miraculeux du jus de pomme sur la concentration. La valeur du jus de pommes vient d’augmenter à ses yeux.
En corollaire, le coût d’opportunité du Coca-Cola vient d’augmenter. Va-t-il plutôt acheter un Pepsi, le substitut de Coca-Cola? Ou du jus de pomme?
[Digg]“>http://digg.com/general_sciences/Le_cout_d_opportunite]
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Il ne faut pas oublier le point 3 : On prend les décisions en comparant l’avantage marginal au coût marginal. Le coût d’opportunité évalut seulement ” le coût net ” c’est à dire le renoncement. Tant que l’avantage marginal ou plutôt l’utilité marginal est suppérieur au coût marginal, l’individu en question à avantage à consommer ce bien en question.
Le coût d’opportunité représente la valeur du substitut (deuxième meilleur choix) si cette valeur représente tout ce dont à quoi il renonce (les bienfaits sur la santé inclus).
Le coût d’opportunité se pose donc si l’on renonce effectivement à quoi que ce soit. Si le coût marginal d’un bien est plus élevé que son utilité marginal notre deuxième choix apporte nécessairement plus d’avantage ou d’utilité.
Comment par Philippe B. juin 2, 2008 @ 9:15