Classé dans : Extrapolation | Mots-clefs: guerre, nomade, sédentaire, Sun Tzu
J’ai lu qu’il est de bon ton en finance d’emprunter des idées à la littérature militaire. Lire L’Art de la Guerre de Sun Tzu (ou pouvoir le citer) est toujours une bonne idée. Et pour les étudiants actuels, j’ajouterai que le livre a été mis en bandes dessinées.
Dans un autre livre, l’Anthologie mondiale de la stratégie. Des origines au nucléaire, la préface notait que la plus grande guerre était en fait, au départ, entre les culture nomades et les cultures sédentaires. Les Huns ne sont qu’un des derniers exemples de ces conflits qui ont finalement été gagnés par les cultures constructeurs de cité.
Est-ce que la culture nomade a disparu complètement? Et qu’en est-il dans la sphère économique?
Il y a évidemment le capital qui bouge très facilement, et qui peut détruire des sociétés, plus souvent dans un mouvement de recul que d’invasion. C’est le cas de la crise asiatique de 1997. Dans une certaine mesure, c’est également le cas actuellement aux Etats-Unis.
Il y a aussi la mentalité de certains hauts dirigeants actuels. Ceux qui passent d’une multinationale, champion économique d’un pays, à une autre sur un autre continent. Parfois pour réaliser de grandes choses, mais qui entraîne d’autres fois un désarroi ressemblant à celui des guerres.
On pourrait les opposer aux présidents de firmes privées familiales, tel Schaeffler, Porsche, ou Haniel qui reprennent du lustre (et des entreprises cotées à la bourse) en ces temps difficile pour les mercenaires corporatifs. Voici un extrait d’un article du Monde, Les entreprises familiales allemandes partent à l’assaut des groupes cotés, qui n’est malheureusement plus disponible, sauf si vous savez utiliser la fonction cache dans google (l’article repris par Le Temps):
Les entreprises familiales «disposent d’importantes liquidités, notamment parce qu’elles ne doivent pas redistribuer leurs bénéfices à leurs actionnaires, souligne Peter May, professeur à l’Institut de développement du management de Lausanne et fondateur d’une société de conseil pour les entreprises familiales. Elles sont souvent mieux administrées, car elles gèrent leur propre argent et s’attachent à un comportement économe.»
Les prises de risques à répétition d’un Jürgen Schrempp, qui était aux commandes de Mercedes-Benz et DaimlerChrysler (devenu entre-temps Daimler), entre 1995 et 2005, seraient impensables dans une telle structure.
Mais on peut creuser dans la philosophie des entreprises. La mobilité des travailleurs est une qualité (valeur?) favorisée. Au contraire de la valeur de loyauté qui ne peut plus être demandée avec la flexibilité organisationnelle actuelle, qui peut amener des mises à pied massives en fonction de la conjoncture économique. Les travailleurs iront donc là où les conditions sont les meilleures. Surtout s’ils possèdent cette qualité tant recherchée de mobilité!
Est-ce cette mentalité va réussir à créer une nouvelle culture qui pourrait se transformer en une puissance économique ou politique? Ou est-ce que le seul moyen de revoir une opposition forte entre nomades et sédentaire tient dans le retour en force de cultures originellement nomades? Car si Einstein a dit :
Je ne sais pas avec quelles armes sera menée la Troisième Guerre mondiale, mais je sais que la Quatrième le sera avec des bâtons et des pierres.
il est également envisageable qu’elle se fera entre tribus nomades et sédentaires.
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