Classé dans : Économie 101 | Mots-clefs: épargne, paradoxe de Keyne, récession
Une chronique-blogue de Radio-Canada reprend une réflexion de l’analyste Jean-François Vinet, d’Option Consommateurs (une association sans but lucratif pour la promotion, la défense et le respect des intérêts et des droits des consommateur; organisme dont j’ai un grand respect) :
selon M. Vinet, quelque chose de pernicieux est véhiculé par les grands acteurs de l’économie lorsqu’ils suggèrent aux consommateurs, en période de ralentissement, d’ouvrir grand les vannes de la consommation pour relancer l’économie.
Ce que M. Vinet suggère et qu’essaie d’éviter les grands acteurs de l’économie qu’il dénonce, c’est le paradoxe de l’épargne de Keynes, expliqué ici dans un article du Temps :
En période de récession, la hausse de l’épargne bénéficie aux particuliers mais nuit globalement à l’économie, engendrant un cercle vicieux que seule une désépargne publique peut enrayer.
Comme les gens économisent plutôt que de dépenser, la demande pour les biens et les services diminue encore plus, entraînant une baisse supplémentaire d’emplois et de revenus, et par la suite de l’épargne totale de la population.
Je me souviens d’un exemple de récession enseigné en économie. Il s’agit d’un groupe new-yorkais qui ne trouvaient pas de gardiennes d’enfants et qui s’étaient créés un petit système de gardiennage entre amis.
Ils avaient tous au départ un certain nombre de bons de gardiennage. Pour en acquérir, ils devaient garder les enfants de leurs amis. S’ils voulaient sortir, ils devaient utiliser leurs bons ou ceux acquis en gardant les autres enfants.
A un moment inimportant, un ou quelques couples commencèrent à s’inquiéter de leur bas niveau de bons de gardiennage. Ils décidèrent donc de rester chez eux et de garder les autres enfants. D’autres emboîtèrent le pas jusqu’à ce que la crainte se soit propagée à tout le groupe. Chacun s’offrait à garder les autres enfants mais aucun n’osait sortir, conservant précieusement ses bons en cas de situation exceptionnelle.
Le transfert de bons s’arrêta net. Le groupe avait ainsi réussi à s’immortaliser dans l’histoire de l’enseignement de l’économie en créant une récession facile et amusante à expliquer.
L’exemple s’applique aux ménages mais pourrait aussi se substituer au comportement des banques qui craignent de manquer de liquidités et qui prêtent parcimonieusement, engendrant du même coup la crise économique actuelle.
Une autre question est de savoir si ces grands acteurs de l’économie, voulant éviter ce paradoxe, l’ont plutôt retardé. Car si les politiques de bas taux d’intérêt pour relancer l’économie et des mesures fiscales généreuses ont favorisé une consommation des ménages et la croissance économique, ce fut au détriment de l’épargne, jusqu’à la rendre négative dans plusieurs cas, provoquant certainement une baisse globale de l’épargne!
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