Classé dans : Extrapolation, Économie 101 | Tags: économie, équilibre, Bombardier, Cseries, profit, subvention
Un des premiers concepts qu’on apprend en Économie 101 est que dans un système de parfaite compétition, à l’équilibre, le prix que peut demander l’entreprise correspond au coût et au profit normal de l’entreprise (le profit normal pourrait être le salaire qui aurait été gagné à faire une autre activité). À court terme, une innovation technologique ou un nouveau produit peut permettre de vendre au-dessus du coût et du profit normal, générant un profit économique qui va attirer de nouveaux joueurs, augmentant l’offre jusqu’à revenir à l’équilibre.
J’ai l’impression qu’il en est étrangement de même avec l’approche gouvernementale pour attirer les entreprises avec des subventions directes ou indirectes à l’implantation. Le calcul du gouvernement est le suivant :
une subvention va attirer une entreprise qui va créer des emplois directement et indirectement (fournisseurs locaux, commerces, etc.). Ces retombées seront supérieures au montant de la subvention accordée. Par exemple, chaque dollar investi en subvention pour attirer une entreprise va fournir 1,50$ en retombées économique. Il s’agit d’un profit économique pour le pays.
Examinons maintenant le cas où il y a de la compétition entre états pour une entreprise. Les deux états vont calculer les bénéfices attendus de la venue de l’entreprise et feront des offres incitatives. La demande étant maintenant plus grande, les gouvernements devront offrir plus et accepter de diminuer le profit qu’ils peuvent espérer retirer. Par exemple, le profit ne sera plus que de 1,15$ plutôt que 1,50$ pour chaque dollar investi. Si on ajoute plusieurs pays, on arrive au point où, en théorie, l’offre de subvention sera assez proche d’un profit économique nul, disons 1,05$ ou tout autre seuil au-dessous duquel le gouvernement jugera que la subvention n’en vaut pas la peine.
Source : Bombardier aéronautique
Tout à fait illusoire? Peut-être mais le cas de Bombardier semble montrer que le jeu se déroule à une moindre mesure. Un article de Radio-Canada mentionnait que le Missouri, qui se bat avec Montréal pour l’implantation d’une usine de Bombardier, avait offert 880 millions de dollars en crédit d’impôt.
Et cela pour un investissement initial envisagé selon les autorités du Missouri, à 375 millions de dollars et qui devraient créer 2 100 emplois à Kansas City et des milliers d’autres dans le reste de l’État. Pendant ce temps, Ottawa offre une aide remboursable de 350 millions de dollars, à quoi s’ajouterait 118 millions de dollars de la part du Québec.
L’article mentionne toutefois que le gouvernement de l’état américain a revu à la baisse l’offre à la compagnie. Alors, plutôt de traiter Bombardier “d’assisté social corporatif“, il vaudrait peut-être mieux commencer à le voir comme un consommateur dans un marché très compétitif de pays qui veulent maintenir leur niveau d’emplois et de croissance économique.








