L’Économie au ras des pâquerettes


La prochaine raison d’hausser les frais
mai 15, 2008, 9:37
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Par rapport à mon dernier envoi, j’ai omis un commentaire de la porte-parole de Desjardins. Celle-ci indiquait que la hausse des frais n’entraînera pas de hausse des revenus mais seulement à couvrir la hausse des coûts. Ce qui est sous-entendu, c’est que ça coûte cher d’employer du personnel pour du service à la caisse.

Il semble à prime abord normal qu’un être humain coûte plus cher qu’une machine. Mais dans le cas des machines distributrices, il reste une importante part humaine. Il faut du personnel pour vider et transporter les dépôts (chèque), d’autres pour traiter ces dépôts (ouvrir les enveloppes, vérifier les chèques, etc).

Une étude de 2004 comptabilise les coûts pour les deux méthodes. Peut-être que les coûts ont changé depuis les quatre dernières années mais ça apporte un éclairage intéressant. Ainsi, selon l’analyse de TowerGroup, le coût pour traiter un dépôt dans un distributeur automatique variait entre $1.50 et $2.00 alors que le coût moyen au comptoir était de $1.40.

Évidemment, les employés au comptoir ne font pas que traiter des chèques et leur productivité (nombre d’opérations/heure) est probablement moindre. Mais ça laisse quand même réfléchir au sujet du discours quant aux coûts supérieurs des travailleurs au comptoir.

Il est à noter qu’aux États-Unis, il est maintenant légal pour les banques de scanner directement les dépôts (sans utilisation d’enveloppe), ce qui devrait diminuer les coûts de manière importante. Par contre, il faut remplacer les machines. Le Canada devrait suivre un jour, et ils expliqueront probablement que remplacer les vieux guichets automatiques par des machines plus efficaces et plus sécuritaires nécessite une hausse des frais.



La Banque Desjardins
mai 8, 2008, 3:29
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Comme le montre le titre, j’ai un certain agacement vis-à-vis de Desjardins. Celle-ci se proclame comme une coopérative financière, se voulant différente des banques. Et pourtant, Desjardins semble copier en tous points les banques et leurs pratiques qu’elle dénonce.

un nom plus approprié?

un nom plus approprié?

Le dernier exemple en lice, les frais d’utilisation. Un article récent indique que Desjardins a haussé ses frais de 8%. Ce qui se justifie ainsi selon la porte-parole :

Nous avons vérifié les tarifs dans les différentes institutions. Desjardins se retrouve dans la médiane des frais d’administration imposés à toute autre personne au Québec

Un tel ajustement aux pratiques des autres banques est discutable selon Option Consommateur, surtout dans le contexte oligopolistique canadien.

Pourtant, sur son site, Desjardins veut se démarquer en montrant les différences entre elle et les banques. Il y est notamment indiqué que Desjardins vise le mieux-être économique et social de tous ses membres et le développement économique de leur milieu, alors que les banques visent l’enrichissement de leurs actionnaires.

La hausse des frais d’utilisation apparaît discutable comme moyen d’atteindre le mieux-être économique des membres. Par contre, une agente de service avait répondu à mon grief en mentionnant le principe des ristournes.

Ainsi, en faisant affaire avec Desjardins, et contrairement aux banques, on reçoit des ristournes et donc, une partie des profits générés par la succursale. Par contre, il n’y a aucune corrélation entre les ristournes reçues et les frais d’administration. Pour mon ancienne succursale Desjardins, la ristourne était calculée en fonction des intérêts payés sur les emprunts et sur l’intérêt reçu sur l’épargne (une autre succursale ajoute 15% des frais d’administration).

Dans les deux cas, ceux qui ont peu de revenus, plutôt jeunes, plutôt locataires que propriétaires, et qui ont peu d’épargne, ne recevront peu ou pas de ristourne, mais ils paieront les frais qui répondent au principe de l’utilisateur-payeur, selon Desjardins.

Selon le Mouvement Desjardins,

ces frais d’utilisation sont la contribution raisonnable et équitable des membres à la rentabilité de leur coopérative en fonction de l’utilisation qu’ils font des services de leur caisse .

Alors que d’autres entreprises, comme Canadian Tire, essaient d’encourager la fidélité de leurs clients réguliers, il semble que Desjardins croient plutôt qu’il faille faire payer davantage ses clients les plus réguliers.